31/03/2005

Ecrire pour le web (2)

Je poursuis ma série sur l'écriture pour les sites Internet. Sachez qu'en général, les internautes n'utilisent que très rarement la barre de défilement vertical. Ceci étant, tasser tout son texte en un seul paragraphe sous le prétexte d'éviter le recours à l'ascenseur vertical est une erreur monumentale ! La lisibilité du texte en pâtit très fortement. Je préconise l'utilisation maximale de deux pages-écran pour afficher le contenu d'une page. Si le texte est vraiment trop long, il est préférable de le répartir sur plusieurs pages que l'on liera entre elles (avec des mots clé ou la simple mention cliquez ici, pour la suite du texte, ou en savoir plus) plutôt que sur une seule page qui devient alors trop dense et trop rébarbative.
 
Le choix de la police d'écriture est crucial, même si on ne s'en rend pas toujours compte (et surtout pas a priori !). Je conseille d'utiliser des polices sans sérif (Arial, Helvetica, Tahoma ,Verdana). Les polices de fantaisie sont à réserver pour les grands titres. Il faut limiter le nombre de police différentes dans une même page : 2 - 3 polices maximum. Très important, vous devez penser aux variations de taille de police selon les navigateurs. Un bon truc également est de capitaliser la première lettre de chaque paragraphe, car cela rend l'information plus facile à localiser. N'abusez pas du style italique, qui amoindrit la lisibilité du texte, tout comme l'utilisation des caractères ombrés (si jamais vous le faites, utilisez une police de grande taille).
 
C'est tout pour cette semaine. Jeudi prochain, je vous parlerai de la longueur souhaitable d'une phrase ainsi que de l'utilisation des temps sur le web. Passez un bon week-end !

10:10 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/03/2005

Le mieux est l'ennemi du bien

Depuis quelques années, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se recentrer sur leur cœur de métier. Cet euphémisme signifie en fait qu’elles délaissent les secteurs déficitaires (dans lesquels elles se sont généralement lancées pendant la « bulle Internet ») et reviennent aux secteurs rentables, qui correspondent le plus souvent à leurs activités historiques.

 

Je crois qu’il devrait en être de même pour la majorité des sites Internet. Je m’explique : à l’origine, les entreprises développent un site pour :

 

1° vendre directement des produits (Amazon, par exemple) ;

2° proposer directement des services (Google) ;

3° communiquer sur des produits ou services afin de les faire connaître, d’attirer les prospects, de fidéliser les clients, etc. (la majorité des entreprises).

 

Au début, l’entièreté du site était orientée dans le sens poursuivi : rien n’était superflu. Puis, le temps passant et les bonnes idées manquant, les entreprises ont commencé à ajouter des milliers de fonctionnalités (et des kilomètres de contenu) sans aucun lien avec leur activité. D’abord des fonctions utiles (moteur de recherche interne, par exemple), puis des fonctions et des informations qui l’étaient moins (moteur de recherche sur le web, animations flash, …), jusqu’à ne plus l’être du tout (webcams, météo, infos sans aucun lien avec l’entreprise, …). L’objectif était de fidéliser l’internaute en faisant du site une plate-forme aussi complète et polyvalente que possible. S’ajoutait la crainte de perdre ou de décevoir le surfeur en lui proposant un contenu uniquement orienté produit. Or, l’internaute vient précisément chercher sur le site d’une entreprise une information précise, en relation avec un produit ou un service. Dissiper son attention, l’envoyer sur des sites externes, compliquer sa navigation, lui proposer des informations dont il n’a cure : autant de bonnes intentions qui chassent le client potentiel.

 

Il est plus que temps pour les entreprises de revoir à fond leurs sites en se posant la même question pour chaque texte, chaque animation, chaque fonctionnalité : est-ce utile ? Utile par rapport au but poursuivi, c’est-à-dire un des trois points repris plus haut. Et si ce n’est pas utile, il ne faut pas hésiter à le supprimer. Sur l’Internet, encore plus qu’ailleurs, le Mieux est l’ennemi du Bien.

 

Prenons un exemple :

 

Créé il y a dix ans, le portail Yahoo était à la base un moteur de recherche. Simple et efficace, il est rapidement devenu le premier moteur de recherche en ligne, comptabilisant en 1998 plus de 50 % du trafic Internet de recherche d’informations. Puis, au fil du temps, les développeurs et concepteurs de Yahoo se sont dit qu’il fallait proposer plus de services, car la fonction de recherche ne suffisait plus. Sont alors progressivement apparus les services d’e-mails, d’actualités en ligne, de messagerie, de jeux, d’horoscope, de petites annonces, de musique, etc. La page d’accueil de Yahoo n’a cessé de grossir, jusqu’à devenir un fourre-tout lourd (dans tous les sens du terme, la page d’accueil pesant 34ko), incompréhensible et inutile à celui qui veut seulement trouver des informations sur l’Internet.

 

yahoo9zj.jpg

 

Heureusement, les développeurs de Yahoo ont laissé la barre de recherche en haut de la page, mais cela ne durera peut-être pas.

 

Pendant ce temps, deux jeunes étudiants décidèrent de créer un autre moteur de recherche, plus performant. Car, bien évidemment, les développeurs de Yahoo étant très occupés à concevoir de nouvelles fonctionnalités, le moteur de recherche n’évolua pas beaucoup. C’est ainsi que naquit Google, que je ne dois plus présenter.

 

google9bw.jpg

 

On voit directement la différence, n’est-ce pas ? Dites-vous qu’il y a dix ans, la page d’accueil de Yahoo ressemblait à celle de Google. Seulement, les concepteurs de Google décidèrent dès le début que leur site évoluerait peut-être graphiquement, mais que son objet était de proposer un service précis, la recherche d’informations sur l’Internet, et qu’il n’était pas question de l’écraser sous des tonnes de fonctionnalités. Ces nouvelles fonctionnalités, si elles étaient intéressantes, feraient l’objet de nouveaux sites (comme ceux-ci : http://answers.google.com/answers/, http://scholar.google.com/, http://video.google.com/) et n’alourdiraient surtout pas l’interface du moteur historique.

 

Le résultat, c’est qu’en 2004 Google a dépassé Yahoo en terme de volume de recherches, comptabilisant 35 % du trafic mondial contre 28 % pour Yahoo, et que l’année 2005 sera encore meilleure. Savoir pourquoi les internautes viennent sur un site et s'y tenir : c'est la clé du succès.



14:51 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/03/2005

Ecriture pour le web (1)

Chaque médium a ses spécificités : un copywriter n'écrira pas une publicité destinée à être collée sur un mur comme il écrira un site Internet. En plus d'adapter son style (ce dont je parlerai une autre fois), le bon copy devra tenir compte de la lisibilité de son texte.
 
La lecture sur écran d'ordinateur est sensiblement différente de celle sur imprimé traditionnel : à contenu similaire, la lecture sur écran est moins performante que celle sur support papier (la vitesse de lecture sur écran est environ 28.5 % inférieure à celle sur papier). De plus, sur le web, 79 % des lecteurs ont une lecture de type 'balayage', qui consiste à parcourir rapidement le texte afin de localiser l'information qu'ils recherchent (et seulement alors commence une lecture plus approfondie, qui sera d'ailleurs rarement intégrale).
 
Conclusion ? Afin de faciliter le repérage des mots importants et d'accélérer la lecture, on considère qu'un texte en ligne doit contenir moitié moins de mots que le même texte imprimé.
 
Mais comment atteindre cet idéal ? Supprimer un mot sur deux est une tâche ardue, surtout si l'on est l'auteur du texte (c'est humain : on s'attache aux mots, aux phrases qu'on a mis tant de temps à trouver et mettre en musique). Voici quelques 'trucs' éprouvés par votre copywriter préféré pour améliorer la lisibilité d'un texte :
 
- éliminez les mots superflus (adjectifs qui n'apportent rien, phrases qui se répètent, entassement d'adverbes) ;
- écrivez des phrases courtes et simples (mais en variant leur construction) ;
- présentez une idée par paragraphe ;
- utilisez des sous-titres clairs, explicites et pertinents qui aident le lecteur à avoir une vue d'ensemble du contenu ;
- présentez les mots ou les phrases importants sous forme de liste à puce (comme ici, tiens).

Bon week-end !

11:09 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/03/2005

Horreur et damnation


 
J'avais rédigé un superbe texte comparant deux moteurs de recherche, mais Skynet a connu un problème technique assez sérieux entre-temps, ce qui a fait disparaître le fruit de mes efforts (la prochaine fois je sauvegarderai tout sur un document Word avant de le mettre en ligne).
 
Las, je le réécrirai lundi prochain, mais aujourd'hui je n'ai plus le temps. Ne manquez pas la chronique de ce jeudi, qui traitera des spécificités de la lecture sur écran d'ordinateur !

13:47 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/03/2005

Le nouveau marketing viral

Aux Etats-Unis, les entreprises spécialisées dans le bouche-à-oreille fleurissent. La plus importante compte 76 000 bénévoles, qui incitent les consommateurs à acheter jeans, livres ou saucisses.

Ce pourrait être une scène du film Truman Show. Le 4 juillet 2004, jour de la Fête nationale aux Etats-Unis, un bataillon de 2 000 personnes a secrètement participé à une campagne de promotion. A des voisins, des collègues, des membres de leur famille, elles ont vanté les mérites d'une nouvelle variété de saucisses Al Fresco, marque qui avait loué les services de BzzAgent, une société de marketing créée trois ans plus tôt et spécialisée dans le bouche-à-oreille. Résultat, une hausse de 100 % des ventes enregistrée dans certains magasins.

Depuis un an, cette forme discrète de porte-à-porte est en plein essor. Al Fresco ainsi que des grandes enseignes telles que la maison d'édition Penguin, Estée Lauder, Lee, Weight Watchers, Kelloggs, Air Train Airways, Coca-Cola, les chaussures Johnston & Murphy ont déjà fait appel à BzzAgent pour susciter un bouche-à-oreille favorable au lancement d'un produit, un parfum, un jean, un dentifrice, du café, mais aussi un livre. Le tirage du premier roman d'un jeune auteur, Frog King d'Adam Davies, aurait ainsi été épuisé en trois mois, grâce à l'effervescence orchestrée dans les librairies new-yorkaises, les forums de discussions, etc.

Plus personnalisée encore que le marketing viral propagé par les marques grâce à la technologie ("textos", courriels, forums de discussion, blogs), cette démarche à plus grande échelle et plus sournoise que les réunions Tupperware, le buzz (bourdonnement, brouhaha), de consommateurs à d'autres consommateurs, est désormais formalisée.

La société BzzAgent compte une douzaine de permanents et 76 000 volontaires qualifiés, outre-Atlantique. Aux brand evangelists (évangélistes des marques) s'ajoutent un millier de personnes supplémentaires par semaine ; ces recrues, - étudiants, retraités et une majorité de salariés - s'inscrivent sur le site Internet pour participer à une campagne, et reçoivent par courrier des échantillons ainsi qu'une liste d'activités à accomplir.

Pour les saucisses Al Fresco, il s'agissait, par exemple, de recommander de les acheter à un inconnu croisé au rayon charcuterie ; de suggérer aux organisateurs d'un pique-nique de quartier de les utiliser, voire d'en vanter le goût à des dîners d'amis.

Pour un livre, il convient de faire référence dans une conversation à quelques passages - résumés à l'avance par la société BzzAgent -, de bien montrer la couverture dans les transports en commun et d'envoyer des commentaires à la librairie en ligne, amazon.com

"Dans tous les cas, ce sont des choses que les gens font tous les jours - montrer le produit à quelqu'un, l'offrir en cadeau, le demander dans un magasin où il pourrait être vendu, l'emporter au travail, faire connaître le site internet de l'entreprise -, tout ce que nous faisons est de rendre conscientes ces activités", explique-t-on à BzzAgent, qui imagine actuellement plusieurs opportunités d'expansion en Europe.

D'autres entreprises se sont engouffrées dans ce créneau. La multinationale Procter & Gamble a ainsi créé son propre département de marketing verbal pour des marques à destination des adolescents. Dans ce réseau baptisé Tremor, 250 000 jeunes leaders d'opinion usent du téléphone arabe, formule que les Anglo-Saxons traduisent par "soupir chinois" (chinese whisper), pour encenser les qualités d'un shampoing ou d'une ligne de vêtements.

Invités à s'exprimer dans de nombreux colloques et séminaires, les trentenaires Dave Balter (le PDG de BzzAgent) et Mark Hugues son créateur, sont devenus les chantres de cette communication officieuse, qui entend détrôner les formes traditionnelles de promotion, les spots ou affiches de publicité qui saturent les consommateurs.

"La publicité classique est dépassée si elle ne conduit pas les gens à parler et les médias à écrire dessus, surtout dans un marché saturé. L'Amérique dépense chaque année plus d'argent dans le marketing - 234 milliards de dollars - que le produit intérieur brut du Mexique", estime ainsi Mark Hugues. Dans le livre qu'il publiera en juillet chez Penguin/Portfolio, Buzzmarketing (nom de sa société) résume sa philosophie : "La rumeur représente un média alternatif dont l'efficacité réside dans la crédibilité même du messager." "Quand, écrit-il, un ami, un collègue, un membre de votre famille vous parle d'un film, un produit ou un service, vous le croyez... D'autant plus qu'ils ne sont pas payés pour le faire", ajoute-t-il.

Car, contrairement aux hommes-sandwichs et aux distributeurs de tracts, ces avocats d'un troisième type ne reçoivent, de fait, aucune rémunération, juste des gratifications. "Soyez les premiers à tester de nouveaux produits", "Participez gratuitement", vante Tremor à sa communauté d'ados, alléchés par des informations exclusives et l'accès éventuel à des soirées événementielles. En remplissant des rapports sur leurs missions, les recrues de BzzAgent accumulent des points échangeables contre des cadeaux.

A Buzzmarketing, les informations concernant les "influenceurs" sont tenues secrètes. "En général, une part de la récompense consiste toujours à posséder "le crédit de la rumeur", à savoir "être dans le coup" et parfois avoir quelque chose de nouveau et d'intéressant à raconter, qui vous donne du crédit", déclare au Monde Mark Hugues.

Sa recette ? Que les volontaires captent l'attention d'autrui en lui donnant une histoire à raconter. Rien de mieux selon lui que des phrases comme : "Tu ne vas jamais le croire...", "Eh ! as-tu déjà entendu..." susceptibles d'éveiller la curiosité des auditeurs. Mark Hugues a même identifié plusieurs façons pour engager une conversation, ce qu'il appelle les "six boutons de la rumeur" : le tabou, l'inhabituel, le scandaleux, l'hilarant, le remarquable et le secret.

Devant l'émoi suscité par ces pratiques, la jeune Association du marketing par bouche-à-oreille (Womma) qui fédère 38 sociétés vient d'élaborer une charte éthique enjoignant aux recrues d'être honnêtes, et de ne pas taire leurs motivations ni leurs véritables opinions. Un credo qu'elle martèlera lors du premier sommet qu'elle organise à Chicago les 29 et 30 mars. Son credo ? Cet adage d'Oscar Wilde : "Il n'y a qu'une chose dans la vie pire que le fait qu'on parle de vous, c'est qu'on vous ignore."

Le b.a.-ba du nouveau marketing

Le marketing par le bouche-à-oreille regroupe une douzaine de techniques susceptibles d'inciter les gens à parler de produits ou de services. L'Association du marketing par le bouche-à-oreille (Womma) distingue notamment le buzz marketing (utilisation du divertissement ou de l'information pour faire parler d'une marque) ; le marketing viral (création des messages divertissants ou informatifs censés circuler sur le Net) ; le marketing communautaire (formation ou soutien à des niches communautaires susceptibles de partager un intérêt pour une marque comme les groupes d'usagers, les fan-clubs, les forums de discussion) ; le marketing par influence (identification de communautés-clés et de leaders d'opinion susceptibles de parler de produits et capables d'influencer l'opinion d'autrui) ; le marketing de cause (soutien de causes sociales afin de gagner le respect et l'estime de gens qui croient fortement à une cause).

Trouvé sur le site du Monde en Ligne


09:39 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/03/2005

Perdu de vue

Sur l'Internet, le mieux est l'ennemi du bien. Devant la foule d'options disponibles, les entreprises perdent parfois de vue l'essentiel. Elles entassent des textes (au contenu souvent inintéressant pour le prospect, quand il n'est pas simplement périmé depuis plusieurs mois), présentent des animations qui n'apportent rien, proposent des moteurs de recherche inopérants, etc. Les informaticiens ne sont pas étrangers à cette propension à considérer un site comme une vitrine technologique, et non pas commerciale. Tant que les entreprises s’adresseront uniquement au couple programmeur/graphiste, elles disposeront de sites beaux (et encore…) qui ratent totalement leurs objectifs, à savoir : fidéliser les clients et intéresser les prospects.

 

A titre d’édification, une situation à laquelle j’ai récemment été confronté : devant travailler tard (il n’y a pas d’heure pour être copywriter !), je me suis rendu sur le site Internet d’une chaîne de supermarchés pour voir l’heure à laquelle fermaient leurs succursales.

 

gb1le.jpg

 

Propre, colorée, assez claire : la page de garde du site est bien faite. Mon oeil analyse rapidement la page à la recherche d'un lien "Heures d'ouvertures", mais il ne trouve rien. Je relis la page plus méthodiquement et finis par cliquer sur "Un X près de chez vous". Là, erreur : le logiciel qui permet de trouver le supermarché près de chez moi ne fonctionne pas. Je reviens sur la page de garde (cinq minutes se sont déjà écoulées depuis mon arrivée sur le site) et je repars à la recherche des heures d'ouverture des supermarchés (ils doivent bien avoir des heures d'ouverture, non ?). Ne trouvant toujours rien, je finis par cliquer sur le Plan du site.

 

 

plan4rr.jpg

 

Vous voyez le problème ?

 

Je peux trouver des recettes de cuisine (!), les programmes TV du jour (!!), les sorties cinéma de la semaine (!!!) et des tonnes d'autres informations dont je me moque éperdument vu que je peux les trouver - en mieux - sur des sites spécialisés en cuisine, en TV ou en cinéma. Par contre, pas moyen de trouver les heures d'ouverture de la succursale qui se trouve à deux cents mètres de chez moi.

 

Après quelques recherches et encore plus d'hésitations, je clique sur Foire aux questions. S'y trouvent trois "questions" qui portent sur (j'exagère à peine) : Mais comment faites-vous pour proposer des produits d'une si grande qualité à si petit prix ?

 

Bref, j'ai perdu entre dix et quinze minutes à tenter de trouver les heures d'ouverture d'un supermarché, que je n'ai finalement même pas trouvées.

 

Moralité ? Je me suis rendu au supermarché d'une autre chaîne, dont je connaissais les heures d'ouverture tardives.



11:00 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/03/2005

Le marketing sur l'Internet

Un matin de septembre 2004, un jeune informaticien de Seattle (Etats-Unis) découvre par hasard que son antivol de vélo, de marque Kryptonite, peut être ouvert à l'aide d'un simple stylo à bille. Mi-amusé mi-fâché, il décide de le faire savoir aux habitués de son "blog" favori, un journal collectif en réseau regroupant des passionnés d'électronique. Il accompagne son message d'une vidéo qui le montre en train de crocheter son antivol. Aussitôt, le blog se remplit de commentaires incrédules. Des dizaines de lecteurs possédant un tel antivol essaient de l'ouvrir avec un stylo : beaucoup y parviennent et font circuler la nouvelle. En quelques heures, la vidéo atteint des forums de clubs cyclistes, puis d'associations de consommateurs, jusqu'en Europe et en Asie.

La société Kryptonite, prise de court, contre-attaque en publiant sur Internet un communiqué maladroit, ce qui aggrave son cas. Finalement, elle tente d'instaurer un vrai dialogue, mais le mal est fait, elle a été atteinte dans ce qu'une entreprise a aujourd'hui de plus précieux : son image.

A la même période, des centaines de sites, blogs et forums reçoivent un clip publicitaire d'animation à la gloire de l'iPod, le lecteur musical portable d'Apple. Sans se poser de questions, les internautes le transmettent à leurs amis et collègues. En quelques semaines, le clip fait le tour du monde. Les professionnels du marketing apprécient sa qualité et son efficacité, mais remarquent qu'il ne correspond pas à la charte graphique d'Apple. Intrigués, ils découvrent qu'il a été fabriqué par un amateur solitaire, un instituteur californien de 36 ans passionné d'animation.

Ces admirateurs hyperactifs, travaillant souvent en bandes, ont déjà un nom en jargon marketing : ce sont les "clients missionnaires", prêts à répandre leur amour pour telle ou telle marque avec une ferveur quasi religieuse. Ce type de mini-événement se répète désormais à grande échelle : Internet est devenu le vecteur d'un bouche à oreille électronique planétaire et instantané, le "buzz", qui provoque des effets de mode puissants et influe sur l'image des entreprises.

Les marques touchées par le buzz, bon ou mauvais, se contentent parfois de le constater, mais d'autres ont décidé d'intervenir, dans l'espoir d'exploiter la rumeur et de la domestiquer. Les sites de commerce en ligne vendant des voyages, de l'électronique ou des produits culturels créent ainsi des forums permettant à leurs clients de donner leur avis, tout en se réservant le droit de censurer les indésirables. Ils publient des "webmagazines" qui mélangent les renseignements techniques, les évaluations et les publi-reportages : dans la culture Internet, la séparation entre information et promotion est souvent considérée comme un concept désuet.

Les marques à vocation internationale doivent connaître la teneur du buzz. Pour cela, elles demandent à des agences spécialisées d'effectuer une "veille marketing" en surveillant le contenu des sites et forums où leur nom apparaît. Les plus innovantes utilisent des logiciels de "harvest" (moisson), capables de scanner des pans entiers de l'Internet et d'effectuer des analyses pointues.

La seconde étape consiste à intervenir directement, pour nourrir le "buzz". Des cadres de l'entreprise concernée participent à des forums pour y défendre leur marque. Certains créent leurs propres sites et tentent d'en faire un lieu de rencontre et de débat. Parfois, la société se retrouve face à un site indépendant qui a réussi à rassembler les meilleurs clients et les meilleurs experts de ses produits.

On peut aussi faciliter la naissance d'authentiques sites de fans. C'est la spécialité de l'agence parisienne Heaven. Son patron, François Collet, a mené l'une des premières "campagnes d'influence" sur l'Internet francophone, pour la console de jeu vidéo XBox de Microsoft : "Plutôt que de pousser Microsoft à construire un site officiel à la gloire de la XBox, nous les avons convaincus qu'il serait plus efficace de repérer les lieux que leurs clients potentiels fréquentent déjà, et de porter leur message au plus près de ce public." Heaven ne trouva que trois sites français consacrés à la XBox : "Nous les avons contactés, pour les féliciter de leur travail et leur proposer de l'aide. Au début, ils sont très fiers d'être remarqués, c'est hypervalorisant, ils vont pouvoir s'imposer comme les leaders de leur communauté de joueurs. Dans un second temps, certains ont une réaction de méfiance, ils ont peur d'être manipulés, mais nous les avons rassurés : pas question d'intervenir dans le contenu éditorial, ça tuerait l'efficacité de notre approche. Nous les assistons plutôt au niveau du design et du développement, nous leur fournissons des hébergements gratuits, nous faisons en sorte qu'ils soient référencés dans les moteurs de recherche, nous leur trouvons un peu de pub payante, nous leur livrons des infos exclusives, nous organisons des interviews. Ils jouent au reporter. Et quand les autres joueurs voient la qualité de leurs sites, cela crée des vocations."

Heaven a géré d'autres budgets du même type, notamment le lancement du parfum Bimen de Thierry Mugler. Mais M. Collet vise plus haut : "Le prochain marché du marketing d'influence, ce sera les campagnes électorales." Il a parfois du mal à faire comprendre sa démarche à ses clients français : "Certains s'imaginent que tout est factice, que nous montons des sites bidon et qu'ils vont pouvoir tout contrôler. Nous refusons ce type d'opérations : trop dangereux, trop compliqué. Il y a quelques mois, Pepsi-Cola a créé un faux site indépendant pour lancer une nouvelle boisson. Ils ont été démasqués, l'effet a été désastreux."

D'autres ne font pas le même diagnostic. Des agences américaines et britanniques ont développé des concepts de marketing "clandestin" ou "furtif", et même de "guérilla-marketing". La première technique consiste à exploiter la mode des pastiches et canulars qui circulent sur Internet. Les publicitaires savent que les publicités détournées et les photos ou vidéos parodiques créées par des artistes indépendants ont souvent un impact positif sur la marque visée, même si elles sont insolentes ou provocantes. On a vu récemment apparaître sur Internet une série de photos de mode pour les chaussures de sport Puma montrant une jeune femme agenouillée devant un garçon, dans une pose suggestive. Tous deux portent des chaussures Puma. Les photos ont fait le tour du monde, suscitant un "buzz" intense, positif et négatif. Puma a nié toute implication dans cette affaire et a menacé de porter plainte contre ceux qui continuent à diffuser les photos. Pourtant, de nombreux professionnels soupçonnent la société d'être à l'origine de cette campagne (Ndlr : il en va de même pour les vidéos de publicités envoyées sous forme de chaîne d'e-mails).

Laurent, la trentaine, qui vient de créer une mini-agence à Paris avec deux amis, ne donne pas le nom de ses commanditaires, car il se dit lié par des contrats assortis de clauses de confidentialité, mais il décrit une campagne-type : "Si mon client est aux prises avec un site de protestation, je commencerais par du "web-lobbying". Je m'inscris sur le site en question anonymement, et je pose des questions dérangeantes, je jette un doute sur la compétence des intervenants, je fournis quelques informations favorables à la marque."

L'idée de créer un faux site indépendant délocalisé n'est pas à écarter : "Le mieux serait de monter un site expert apparemment neutre, et de s'en servir pour distiller des informations positives, à doses raisonnables. Ensuite, on crée des sites persos qui renvoient au site expert, cité comme référence indiscutable." Il imagine même de fournir de l'aide à un site de protestation tourné contre un concurrent de son client : "On peut créer du buzz positif autour d'un site, même à l'insu de ses auteurs."

Les jeunes désireux d'entrer dans la profession se démarquent de leurs aînés en important ces nouveaux concepts développés aux Etats-Unis. Damien, consultant à mi-temps pour une grande agence de la place, a dû réfléchir à une campagne pour une chaîne hôtelière : "D'abord, je crée un vrai-faux blog de routard, dont les auteurs voyagent vraiment. Ils ne parlent pas des hôtels de mon commanditaire, mais ils mettent en valeur des destinations où il est implanté et qui ont besoin d'être dynamisées. Ensuite, je crée un forum ouvert, où le nom de la chaîne hôtelière est mentionné de temps en temps, et associé à ces lieux de rêve." En parallèle, il lancera une campagne de presse classique, pour attirer les journalistes vers ses sites : "La boucle est bouclée, les grands médias légitiment mes sites et vice versa."

Trouvé sur le site du Monde en ligne.


11:14 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/03/2005

Baume au coeur

Je recopie un article intéressant sur l'avenir de la publicité en ligne. Si cela s'avère, quelle excellente nouvelle pour les programmeurs, les graphistes et, naturellement, les copywriters !
 

Les dépenses publicitaires sur l'internet devraient tripler en Europe au cours des quatre prochaines années, estime l'European Interactive Advertising Association, l'organisation qui représente les plus importantes régies publicitaires interactives européennes.

 


Pour expliquer cette hausse, l'EIAA met en avant la forte croissance du nombre de connexions haut débit en Europe et de l'usage du commerce électronique. Les consommateurs passent de plus en plus de temps en ligne, au détriment de supports plus traditionnels tels que la télévision, la radio et les journaux. Pour de nombreux Européens, l'internet devient le média le plus utilisé, explique l'organisation. 

Les dépenses publicitaires sur le net devraient atteindre 7 % des dépenses publicitaires des entreprises fin 2008, selon l'organisation.

Selon une étude réalisée en novembre 2004, l'internet représente désormais 20% de la consommation totale de médias en Europe (devant les journaux et les revues) et près de la moitié des personnes interrogées (42%) se connectent tous les jours. Bien que la pénétration internet en Belgique n'ait augmenté que d'un petit pourcent en 2004 pour atteindre 4,2 millions d'utilisateurs, le nombre de connexions à haut débit a cependant continué de croître. Actuellement, 84% des internautes belges disposent d'une telle connexion à domicile, souline l'EIAA. 

Cette évolution démontre qu'une proportion toujours croissante d'internautes passe de plus en plus de temps à surfer sur le web mondial, ce qui signifie que la part des dépenses correspondantes devrait augmenter rapidement si les annonceurs souhaitent toucher leur clientèle de manière plus efficace, déclare Michael Kleindl, président de l'EIAA. 

Si les tendances déjà observées se poursuivent (haut débit, consommation des médias, pénétration de l'internet), il faut s'attendre à ce que la publicité en ligne représente de 15 à 20% du marché publicitaire européen d'ici 2015, reflétant aussi l'évolution constatée aux Etats-Unis. Les dépenses publicitaires consacrées à l'internet y dépassent déjà 10%, a-t-il encore souligné.

Actuellement, l'internet représente l'un des secteurs de la publicité dont l'expansion est la plus rapide. Selon Carat Global Adspend Forecast, les dépenses publicitaires en ligne dans le monde devraient augmenter de 20% en 2005 par rapport aux 4,9% du total des dépenses publicitaires à l'échelle mondiale.


10:40 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |