04/04/2005

SOS copywriter

La plupart des gens dans la plupart des entreprises n’accordent pas la moindre importance au contenu. Pire : plus haut vous montez dans la hiérarchie et moins on s’y intéresse. Heureusement, c’est en train de changer, car les copywriters ne cessent de gagner en importance.

 

L’exemple parfait pour illustrer ceci est la création ou la refonte d'un site Internet : le directeur marketing (ou communication) décide de refaire le site Internet de l’entreprise où il travaille, car celui-ci ne convient plus à l’image qu’il veut renvoyer (ou autre raison). Il organise alors des réunions en interne mais se rend vite compte qu’il faut faire appel à une entreprise spécialisée dans la conception et le développement de sites web.

 

Le contrat (qui se concentre sur la conception, les heures de programmation et la maintenance) en poche, l’agence envoie le plus souvent un account manager et un web designer, qui rencontrent le marketing manager et un ou deux autres cadres. Sont organisées quelques réunions où l’on parle principalement de l’aspect visuel, des langages utilisés, des fonctionnalités – on passe rapidement sur le contenu, se limitant à définir vaguement les diverses parties du site (« là il faut un texte qui nous présente, là une partie jobs, … »).

 

L’aspect et le plan du site Internet définis, l’agence se met directement au boulot pour le programmer. Un mois avant la fin de la programmation, elle fait appel à un copywriter freelance (car le plus souvent elle n’en a pas en interne), lui communique les "cases à remplir" et lui fournit quelques informations qui l’aideront dans sa tâche. Le copy n’a strictement rien à dire sur la longueur des textes, leur pertinence et l’organisation du contenu, pas plus qu’il n’a de contact avec le client de l’agence. Tout ce qu’on attend de lui, c’est de suivre les instructions.

 

Une fois les textes écrits, on les copie sur le site. Si par malheur le programmeur a changé d’avis ou n’a pas fait son boulot comme prévu, il faut allonger ou raccourcir les textes (parce qu’ils sont décoratifs). En fin de compte, le copywriter est payé un montant X, le graphiste 2X, le programmeur de base 3X et le programmeur expert 4X.

 

Neuf fois sur dix, le client ne sait pas qu’il a fallu engager un copywriter pour écrire les textes ; je crois qu’il ne s’est même pas posé la question de leur provenance. Si ça n’avait tenu qu’à lui, les textes auraient été repris sur d’anciens fascicules publicitaires ou auraient été rédigés par un employé qui n’avait pas grand-chose à faire ce mois-là.

 

Le problème, c’est qu’un site Internet est un support de lecture. Et qu’un visiteur, même s’il apprécie l’interface, cherche avant tout du contenu. Un copywriter professionnel est le mieux habilité à trouver, déterminer et mettre en valeur le type de contenu qui intéressera les prospects. Il le rédigera de telle sorte que le lecteur se souviendra du nom de l’entreprise, voudra en savoir plus sur ses produits, et deviendra un client. Le copywriter est bien plus important que le programmeur ou le graphiste : il est temps que les entreprises s’en rendent compte et qu’elles exigent la présence du copy dès les premiers briefing. Ce n’est pas une ligne de code HTML ou une image bitmap qui leur feront gagner des clients.



12:00 Écrit par Blibli | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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